à la Pinacothèque de Paris, du 26 janvier au 29 mai 2011
Tout débute par cette affiche, placardée à des points clefs de la capitale. Je la croise tous les soirs dans le métro.
C'est l'immense portrait d'un jeune homme aux lèvres charnues. Le cadrage est serré, le fond gris-brun est vibrant, les couleurs pastels mais vivantes. Le chapeau de l'homme obscurcit une grande partie du visage. La bouche généreuse est épargnée, et exaltée. Le portrait n'est pas idéalisé : les joues sont imperceptiblement mal rasées, les boucles de cheveux sortent quelque peu désordonnées d'un couvre-chef sans apparat, la moue n'est pas posée. C'est le portrait fidèle d'un bourgeois au regard franc, c'est un chef d'œuvre d'humanité qui capte un moment fugace dans sa plus grande et parfaite simplicité
Sans en être à 100% sûre, je reconnais là la patte de l'Ecole Flamande (je me rendrais compte de mon erreur plus tard...)
La Pinacothèque m'avait déjà réservé quelques belles surprises (Munch, L'Âge d'Or Hollandais, Lichtenstein), j'y vais donc pleine d'espoirs et d'impatience.
Le musée s'est agrandi dans une autre aile, de l'autre coté du trottoir. J'y avance sans hésiter, heureuse de voir se développer un nouvel écrin. L'exposition est double, mon choix s'oriente vers les Romanov, à cause du jeune homme de l'affiche, promesses d'un accrochage de grande qualité.
Premier panneau ... le Directeur de la Pinacothèque Marc Restellini s'adresse à nous. Il explique l'importance de l'ouverture de ce nouveau lieu. Un nouveau musée à Paris. Et non la transformation d'un lieu déjà existant. Cela fait des siècles que ce n'est pas arrivé. Un travail remarquable et de longue haleine. Une collection rassemblée de très grande qualité. Je souhaite longue vie à ce nouveau « cabinet ». Je reviendrai sur la collection dans un second post.
C'est l'immense portrait d'un jeune homme aux lèvres charnues. Le cadrage est serré, le fond gris-brun est vibrant, les couleurs pastels mais vivantes. Le chapeau de l'homme obscurcit une grande partie du visage. La bouche généreuse est épargnée, et exaltée. Le portrait n'est pas idéalisé : les joues sont imperceptiblement mal rasées, les boucles de cheveux sortent quelque peu désordonnées d'un couvre-chef sans apparat, la moue n'est pas posée. C'est le portrait fidèle d'un bourgeois au regard franc, c'est un chef d'œuvre d'humanité qui capte un moment fugace dans sa plus grande et parfaite simplicité
Sans en être à 100% sûre, je reconnais là la patte de l'Ecole Flamande (je me rendrais compte de mon erreur plus tard...)
La Pinacothèque m'avait déjà réservé quelques belles surprises (Munch, L'Âge d'Or Hollandais, Lichtenstein), j'y vais donc pleine d'espoirs et d'impatience.
Le musée s'est agrandi dans une autre aile, de l'autre coté du trottoir. J'y avance sans hésiter, heureuse de voir se développer un nouvel écrin. L'exposition est double, mon choix s'oriente vers les Romanov, à cause du jeune homme de l'affiche, promesses d'un accrochage de grande qualité.
Premier panneau ... le Directeur de la Pinacothèque Marc Restellini s'adresse à nous. Il explique l'importance de l'ouverture de ce nouveau lieu. Un nouveau musée à Paris. Et non la transformation d'un lieu déjà existant. Cela fait des siècles que ce n'est pas arrivé. Un travail remarquable et de longue haleine. Une collection rassemblée de très grande qualité. Je souhaite longue vie à ce nouveau « cabinet ». Je reviendrai sur la collection dans un second post.
Texte intégral ici
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Première salle
Pierre Le Grand (1672 – 1725) - bio
Tsar de Russie (1682) et premier empereur de l'Empire Russe
Qu'est ce qu'on apprend ? (du moins ce qui retient mon attention) Cet empereur est le précurseur d'une ouverture culturelle et artistique vers l'occident. Je fais l'impasse sur toute considération historique (guerre, diplomatie, stratégie etc ..) et je retiens uniquement qu'il est le père de Saint Petersbourg, du Musée de l'Hermitage et qu'il tire de ses « Ambassades » quelques trésors qui annoncent la mutation d'un art, d'un urbanisme, d'un mode de pensée, d'une époque...
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Première salle
Pierre Le Grand (1672 – 1725) - bioTsar de Russie (1682) et premier empereur de l'Empire Russe
Qu'est ce qu'on apprend ? (du moins ce qui retient mon attention) Cet empereur est le précurseur d'une ouverture culturelle et artistique vers l'occident. Je fais l'impasse sur toute considération historique (guerre, diplomatie, stratégie etc ..) et je retiens uniquement qu'il est le père de Saint Petersbourg, du Musée de l'Hermitage et qu'il tire de ses « Ambassades » quelques trésors qui annoncent la mutation d'un art, d'un urbanisme, d'un mode de pensée, d'une époque...
Mon souffle se coupe. Cette étreinte est merveilleuse. Ces deux personnages bibliques sont véritables, justes, leurs émotions aussi parfaitement transcrites que les or sont rendus.
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Deuxième salle
Catherine II - (1729 – 1796) - bio
Impératrice et autocrate de toutes les Russies (1762)
N'ayant aucune connaissance de l'histoire russe, je m'accroche à quelques notions révélées par les panneaux (didactiques et accessibles).
Mécène, tout comme son prédécesseur, Catherine l'Eclairée poursuit la collection qui agrémentera le premier Musée de l'Hermitage (le Palais d'Hiver) et la transforme en véritable encyclopédie. Elle s'entoure de grand penseurs, écrivains, érudits (Diderot, Voltaire et Grimm notamment).
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Deuxième salle
Catherine II - (1729 – 1796) - bioImpératrice et autocrate de toutes les Russies (1762)
N'ayant aucune connaissance de l'histoire russe, je m'accroche à quelques notions révélées par les panneaux (didactiques et accessibles).
Mécène, tout comme son prédécesseur, Catherine l'Eclairée poursuit la collection qui agrémentera le premier Musée de l'Hermitage (le Palais d'Hiver) et la transforme en véritable encyclopédie. Elle s'entoure de grand penseurs, écrivains, érudits (Diderot, Voltaire et Grimm notamment).
Je reste en pâmoison devant ces verts puissants et ces troncs déchirés, et me remémore avec plaisir mes cours sur l'évolution du paysage dans l'art Flamand à la Sorbonne, et de ma grande découverte : Jan Van Goyen.
Une encyclopédie donc ? Les pièces choisies pour cette salle sont en effet variées ... Portraits, galanteries, scènes religieuses, batailles (les moulins brûlent silencieusement) paysages, marines, fantaisies architecturales, natures mortes ... Un visiteur prononce le mot « humanité ». Cela doit être en effet le dénominateur commun à toutes ces pièces de grande qualité. Un peu trop de belles boucles et de rubans à mon goût ...
Une encyclopédie donc ? Les pièces choisies pour cette salle sont en effet variées ... Portraits, galanteries, scènes religieuses, batailles (les moulins brûlent silencieusement) paysages, marines, fantaisies architecturales, natures mortes ... Un visiteur prononce le mot « humanité ». Cela doit être en effet le dénominateur commun à toutes ces pièces de grande qualité. Un peu trop de belles boucles et de rubans à mon goût ...
C'était donc Greuze ! Ce peintre libertin aux ostensibles sujets cachés. J'aime beaucoup ses jeunes filles plus si innocentes, leurs moues, leurs joues, et ces expressions empruntées qui ne trompent plus personne... (voir : Jeune fille pleurant son oiseau mort)
Qui est ce Prince Golystine ?
Je lis que le Musée de l'Hermitage se développe, grâce à l'appétit de Catherine II.
Pas moins de 4000 toiles prendront place dans le Palais d'Hiver, le Petit Ermitage et le Viel Ermitage (deux annexes indispensables vu l'explosion du nombre de pièces à conserver) . Il est noté que l'accrochage n'était pas motivé par une conscience muséographique (ce qui sera anachronique) mais laissé au hasard du goût du collectionneur, selon des critères subjectifs et purement esthétiques. Il arrivait pourtant que des peintres d'une même nationalité soient regroupés en une salle, voire même une pièce entièrement dédiée à un seul et même artiste.
J'oubliais : il y a dans les collections russes des pièces françaises, italiennes, flamandes, bientôt espagnoles (salle 3) mais ... point de russes à l'horizon. Il faudra que je creuse la question.
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Troisième salle
Alexandre Ier - (1777-1825) - bio
Tsar de Russie (1801) et Roi de Pologne
Développement de la collection impériale, acquisition d'oeuvres italiennes et espagnoles. Des histoires de rachat de collections...
Je n'ai pas prêté grande attention.
Qui est ce Prince Golystine ?
Je lis que le Musée de l'Hermitage se développe, grâce à l'appétit de Catherine II.
Pas moins de 4000 toiles prendront place dans le Palais d'Hiver, le Petit Ermitage et le Viel Ermitage (deux annexes indispensables vu l'explosion du nombre de pièces à conserver) . Il est noté que l'accrochage n'était pas motivé par une conscience muséographique (ce qui sera anachronique) mais laissé au hasard du goût du collectionneur, selon des critères subjectifs et purement esthétiques. Il arrivait pourtant que des peintres d'une même nationalité soient regroupés en une salle, voire même une pièce entièrement dédiée à un seul et même artiste.
J'oubliais : il y a dans les collections russes des pièces françaises, italiennes, flamandes, bientôt espagnoles (salle 3) mais ... point de russes à l'horizon. Il faudra que je creuse la question.
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Troisième salle
Tsar de Russie (1801) et Roi de Pologne
Développement de la collection impériale, acquisition d'oeuvres italiennes et espagnoles. Des histoires de rachat de collections...
Je n'ai pas prêté grande attention.
Quels noirs ! Quelle gueule ! Quelle bonhommie ! On a envie de connaître cet homme et partager une coupe de vin avec lui. Pourtant immobile, il sort littéralement du cadre et suscite la sympathie.
Drôle de pièce, complètement à contre-jour, à en contre-point total avec les œuvres pieuses hispaniques qui l'entourent. Des jeux d'ombres, de silhouettes. On ne sait si la célébration débute ou s'achève. Les moines présentent un panel d'attitudes que j'envisage « symboliques ». Il y en a même un qui me regarde. La perfection et l'intransigeance du rendu architectural anéanti toute émotion. Curieux.
Je ne connaissais pas le nom de cet artiste. Mais sa production ne m'est pas étrangère. Une scène de genre comme je les aime. Pas des plus parfaites, mais tout y est : l'illusion des matières, des métaux, des éclats, des tissus. La scène de table. Ces gestes suspendus, cette cérémonie emprunte de douceur (le regard de cet homme vers sa femme concentrée sur ces huitres est touchant). Une rigueur.
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Quatrième et dernière salle
Nicolas Ier - (1796 – 1855) - bioEmpereur de Russe, roi de Pologne et grand duc de Finlande (1825)
Il ne reste plus grand chose sur les murs. Je pense d'abord que ce règne fut austère (ce qui est vrai). Mais un grand drame survit en 1837 qui explique le ralentissement des nouvelles acquisitions de la collection impériale : Le Palais d'Hiver brûla, avec une bonne partie des œuvres. Fut créé un Nouvel Ermitage, à l'identique. La collection est désormais universelle (sans les Russes!), dans un écrin tout neuf, dont on aperçoit quelques vues grâce aux très beaux crayons d'Edward Hau. En s'approchant on reconnaît des toiles fameuses aux murs, les plus grands chefs d'œuvres de maître soigneusement agencés sur d'interminables murs pourpres.
Prochaine destination Saint Petersbourg ?


En fin de parcours, j'ai le sentiment d'avoir compris le propos de l'exposition : une grande famille de tsars fit naître de toute pièce un musée,une collection d'art, poussée par une curiosité et un éveil intellectuel. Ces mécènes impériaux ont souhaité développer et diffuser un art universel en rassemblant une très large et rigoureuse collection d'œuvres de grande qualité. Le Musée de l'Hermitage en fut le berceau et grandit avec elle.
Pas de « conservation », pas d'icônes immuables qu'on ceint d'or et de velours, mais un répertoire vivant d'images, de savoirs, d'excellences, de modèles, qui servent à enrichir la culture d'une nation et éclairer ses dirigeants, comme une encyclopédie aide le savant a développer son savoir et en créer de nouveaux.
Initiation réussie !
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Infos Pratiques :
Pinacothèque de Paris - 28, place de la Madeleine - 75008 Paris - Metro Madeleine
- L'Ermitage, la naissance du musée impérial : Les Romanov, tsars collectionneurs
- La naissance du musée : Les Esterházy, princes collectionneurs.
Entrée des expositions au 8, rue Vignon - Ouverture tous les jours de 10h30 à 19h30
Nocturne tous les mercredis jusqu’à 21h30 (fermeture de la billetterie à 20h45)
Les tarifs au guichet du musée (collection permanente offerte)
Plein tarif 10 euros - Tarif réduit 8 euros
Billet jumelé (collection permanente offerte) - Attention obligation de visiter les deux expos dans la même journée
Romanov - Esterházy & collection permanente (offerte) : Plein tarif 17 € - Tarif réduit 13 €






